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Pulls et aloe vera

S’ha­biller de façon éthique avec un budget H&M

Vous aussi vous avez regardé Le monde selon H&M, avez été choqués par le drame au Rana Plaza en 2013  et en avez marre de contri­buer à un commerce que vous trou­vez injuste, mais vous pensez que la mode éthique, c’est pour les Bobos, ou pour les hippies ? Vous êtes au bon endroit.

Cela fait main­te­nant deux ans que je n’ai pas acheté de vête­ments dans un maga­sin “clas­sique” — Zara, H&M, Bershka, Massimo Dutti, etc. Alors, s’ha­biller éthique oui, mais avec quel budget ? Eh bien juste­ment, il y a beau­coup d’idées préconçues à ce sujet… Alors qu’en fait, ce n’est pas spécia­le­ment plus cher, il faut juste réap­prendre à consom­mer. Car une consom­ma­tion éthique commence par le fait de repen­ser son rapport au shop­ping, et à la mode telle qu’on la conçoit aujourd’­hui.

Premiè­re­ment, il faut essayer de chan­ger notre état d’es­prit qui nous pousse à voir la mode “conven­tion­nelle” comme étant à prix normal et la mode éthique à prix exor­bi­tant. Car c’est un peu l’in­verse ! La mode éthique offre (comme son nom l’in­dique) un prix juste, alors que la mode non éthique offre des prix anor­ma­le­ment bas, qui traduisent tout simple­ment que quelqu’un dans la chaîne de produc­tion s’est fait flouer. Atten­tion cepen­dant, un prix élevé ne garan­tit pas pour autant que les condi­tions de travail et la qualité du produit sont au rendez-vous.

Bref, se sentir belle/beau sans se mettre des objets issus de souf­france humaine ou écolo­gique sur le dos, c’est possible !

S’ha­biller éthique : fini la surcon­som­ma­tion !

Consom­mer une mode éthique, au-delà du fait d’ache­ter des vête­ments issus de marques respon­sables, consiste surtout à consom­mer autre­ment, de façon plus modé­rée. On ne fait pas son shop­ping éthique comme on ferait son shop­ping “clas­sique”. Ache­ter éthique signi­fie ache­ter plus rare­ment, faire des achats intel­li­gents et réflé­chis, et de meilleure qualité. Un pull acheté chez Ekyog par exemple tien­dra des années, car il est de bonne qualité, mais aussi parce que vous l’avez acheté dans cette optique : le garder des années. Un bon indi­ca­teur lors de l’achat d’un produit est de se poser les ques­tions :

Est-ce que je l’achè­te­rais s’il était 5 fois plus cher ? Est-ce que je porte­rai ce vête­ment au moins 30 fois ?

Bien souvent, la réponse à une de ces ques­tions est non, et l’achat n’est donc motivé que par le prix très bas de l’ar­ticle ou un coup de tête, et finira dans les oubliettes bien vite — dans le fond de votre armoire, à côté du jeans taille 36 que vous avez acheté pour vous moti­ver à perdre du poids. Ache­ter éthique consiste donc à ne privi­lé­gier que les pièces “coup de cœur”, plutôt que de ressor­tir avec 5 t-shirts parce-qu’ils-ne-coutaient-que-10-euros, et donc au final, dépen­ser grosso modo le même montant.

Saviez-vous qu’une famille de classe moyenne au Royaume-Uni a l’équi­valent de 4600 € en vête­ments non portés ?

Et qu’en moyenne 30 %1 de notre garde-robe n’a pas été portée depuis 1 an ? Ce n’est ni respon­sable au point de vue humain, ni au point de vue de la planète, pour qui tous ces vête­ments bon marché de mauvaise qualité ne fait que peser. Plus d’achat compul­sif et gaspillage, la mode éthique est avant tout réflé­chie.

Ache­ter d’oc­ca­sion

Brocantes, boutiques vintage, vide-dres­sings, swap parties, fripe­ries… Tous ces endroits regorgent de trésors qui pour le coup, ne vous ruine­ront pas du tout ! En plus de faire un achat qui n’a aucun impact néga­tif sur l’in­dus­trie de la mode, cette solu­tion est proba­ble­ment la plus écolo­gique, car on ne fait que réuti­li­ser des produits qui étaient déjà dispo­nibles. En plus, les prix sont en géné­ral ultra abor­dables. Du coup, si vous ache­tez du Vintage, mais que les épau­lettes des 80’s c’est pas trop votre truc, il vous reste encore large­ment de quoi aller chez un coutu­rier pour ajus­ter votre vête­ment exac­te­ment à votre mesure. Fini les jour­nées shop­ping dans des centres commer­ciaux surpeu­plés, place aux jour­nées balades et boutiques d’oc­ca­sion, qui en plus nous donnent 1000x plus de satis­fac­tion lorsque l’on a trouvé la perle rare. Trou­vez d’autres raisons d’ache­ter d’oc­ca­sion dans l’ar­ticle Pourquoi ache­ter d’oc­ca­sion est #so2017.

Et puis, parce que nous sommes en 2017 et que nous vivons dans notre époque, faisons la part belle au shop­ping en ligne ! Il existe une quan­tité impres­sion­nante de groupes “vide-dres­sing” sur Face­book, ainsi que de nombreux sites de petites annonces dédiés prin­ci­pa­le­ment aux vête­ments (comme par exemple Vinted, Vestiaire Collec­tive et Vide dres­sing) ainsi que des appli­ca­tions mobiles d’oc­ca­sions. Pour ceux habi­tant de l’autre côté de la Manche, il y a par exemple l’ap­pli­ca­tion Shpock qui est très pratique — et très addic­tive, je vous aurai préve­nus !

Ache­ter en soldes

Votre marque préfé­rée (et éthique bien entendu) pratique des prix hors de votre portée ? Bien­ve­nue dans ma vie. Mais pas de panique ! La plupart de ces marques font des soldes, que ce soit pendant les périodes normales de soldes (janvier et juillet) ou via des promo­tions tempo­raires. Les réseaux sociaux et abon­ne­ments de tous genres sont vos amis ! Suivez vos marques sur Face­book, Insta­gram,… Pour être au courant de leurs promo­tions, prix spéciaux et codes de réduc­tion.

Un doute ? 

Il est parfois dur de s’y retrou­ver parmi ces marques qui prétendent avoir des pratiques éthiques, mais maîtrisent en fait juste l’art du green­wa­shing, et celles qui sont vrai­ment éthiques. Et en plus de ça, dans ce domaine, rien n’est blanc ni noir, il n’y a qu’un éven­tail de gris… Certaines marques se démarque­ront par leurs condi­tions de travail irré­pro­chables, tandis que d’autres le feront en veillant à produire un mini­mum de déchets, ou en utili­sant des matières durables.

En atten­dant si en entrant dans un maga­sin vous avez un doute sur l’in­té­grité éthique de la marque, posez des ques­tions aux vendeurs dans les maga­sins : qui a fabriqué ce vête­ment ? D’où provient son maté­riau (un vendeur qui n’a aucune idée de l’ori­gine des produits = bien souvent une marque qui s’en tape des condi­tions de travail des fabri­cants) ? Obser­vez les étiquettes Made in… qui peuvent donner un petit indice quant aux condi­tions de travail des personnes ayant fabriqué le produit ; il existe des règles assez strictes dans beau­coup de pays d’Eu­rope par exemple concer­nant la protec­tion des travailleurs, même si un Made in Bangla­desh ne garan­tit pas pour autant forcé­ment que les travailleurs étaient sous-payés — il reste des excep­tions.

Au début de ma tran­si­tion, je suis vrai­ment passée par une phase de sevrage, pendant laquelle je devais me raison­ner, et me rappe­ler les raisons pour lesquelles j’avais pris la déci­sion — qui me semblait fort cruelle envers moi-même parfois — de ne plus ache­ter de vête­ments dans les maga­sins mains­tream. C’est parfois dur de se rappe­ler que son choix est le bon quand la vision oppo­sée est bana­li­sée, et consi­dé­rée comme une norme. Heureu­se­ment, les marques éthiques fleu­rissent, il devient de plus en plus facile de consom­mer de façon plus juste et logique.

Je parta­ge­rai dans un prochain article mes marques préfé­rées par thèmes, pour vous aider à faire un shop­ping plus éthique !

Trois feuilles

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  • Charlotte

    Un article très bien écrit et qui donne à réfléchir ! Je ne suis pas la mieux placée pour parler de dressing éthique – mais il n’est jamais trop tard pour changer ses mauvaises habitudes 😉

  • Margaux

    Je suis tombée sur cet article : http://wonder-wardrobe.com/blog/affordable-ethical-fashion. J’ai directement pensé à ton billet! 🙂

    • Woohooo Margaux merci beaucoup 😀 Voilà une belle liste bien complète et classée par pays en plus (parce que bon, acheter de la mode éthique qui vient de l’autre bout du monde, c’est un peu triste aussi) 😀 Je cherche en ce moment des marques de lingerie, je vais donc faire un petit tour dans la liste pour voir si j’y trouve mon bonheur !