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J’ai testé : un mois sans sucre

Pour autant que je me souvienne, j’ai toujours eu la dent sucrée. J’ai essayé il y a quelques mois de dimi­nuer progres­si­ve­ment la quan­tité de choco­lat que je prenais habi­tuel­le­ment après le dîner. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé l’am­pleur de ma situa­tion : je n’y arri­vais pas,  j’étais accro au sucre. Non, mais vrai­ment, on ne s’en rend compte qu’en essayant d’ar­rê­ter : j’y pensais souvent, je devais me faire violence pour ne pas craquer… Ça ne vous fait pas penser à une addic­tion vous ? Oui, à moi aussi. Et cela m’a moti­vée d’au­tant plus à tester de m’en priver, par amour du savoir-de-quoi-je-suis-capable, et parce que ça m’hor­ri­pile de trim­bal­ler avec moi des addic­tions (surtout quand elles sont aussi malsaines !). Je suis du clan des tout-ou-rien, donc cette fois-ci ce ne sera rien du tout. Après tout, quoi de mieux qu’une petite cure de désin­toxi­ca­tion pour remé­dier à une dépen­dance ?

Détail de l’ex­pé­rience

Je ne voulais pas arrê­ter TOUS les sucres (c’est y est à peine commencé qu’elle se défile déjà !), car il faut dire, il y en a partout, même dans les bonnes choses : je ne vois donc pas l’in­té­rêt d’ar­rê­ter de consom­mer des fruits, car ils sont bons pour la santé et qu’ils consti­tuent quand même une part inté­grante et saine de mon régime alimen­taire. Et ils sont aussi jusqu’à présent non-nocifs pour la santé, comme cité dans ce rapport de l’OMS, “Les sucres libres se distinguent des sucres intrin­sèques présents dans les fruits et légumes frais entiers. Comme aucune donnée factuelle ne permet d’éta­blir un lien entre la consom­ma­tion de sucres intrin­sèques et des effets nocifs sur la santé, les recom­man­da­tions ne s’ap­pliquent pas à la consom­ma­tion de sucres présents natu­rel­le­ment dans les fruits et légumes frais”.

  • Bref j’ai forte­ment limité voir éliminé : les sucres dits libres, c’est-à-dire ajou­tés dans les aliments par les fabri­cants, le cuisi­nier ou le consom­ma­teur, ainsi que les sucres natu­rel­le­ment présents dans les sirops (érable, agave, etc.), jus de fruits et concen­trés de jus de fruits.
  • J’ai complè­te­ment arrêté : les sucres issus de produits pour lesquels je sais que je ne sais pas me contrô­ler (à dans un mois choco­lat adoré).
  • Et j’ai gardé : les sucres issus de fruits entiers. J’ai donc remplacé le jus de fruits de brique (ça envoie trop du rêve dit comme ça ! En gros la brique de Tropi­cana) par le jus d’un demi-citron mélangé à de l’eau fraîche.

Étant donné que je faisais partie de cette vaste majo­rité de la popu­la­tion qui fait naïve­ment confiance aux marques pour ne pas craquer leurs slips en termes de quan­tité de sucres ajou­tés dans les produits alimen­taires, je n’avais pas de notion parti­cu­lière de la quan­tité de sucre recom­man­dée par jour, ainsi que celle présente dans les produits basiques (muesli, pain, pâtes, yaourts végé­taux…).
J’ai donc regardé ce très instruc­tif docu­men­taire d’ARTE, et ai été lire les recom­man­da­tions le l’Or­ga­nisme Mondiale de Santé. Selon lui, une consom­ma­tion idéale en sucres libres est la plus réduite possible — mais quelle surprise ! —, soit moins 10 % de la ration éner­gé­tique jour­na­lière. En d’autres termes, cela corres­pond à 12 cuillères à café par jour, ou encore 50 grammes. L’OMS propose néan­moins de réduire cette recom­man­da­tion à 5 %, soit 25 grammes ou 6 cuillères à café par jour. Pour avoir une petite idée, la consom­ma­tion moyenne en Europe se situe aux alen­tours de 17 cuillères à café par jour. Whoops.

Tant qu’à faire un chal­lenge, autant y aller jusqu’au bout ! J’ai donc décidé de me limi­ter à la consom­ma­tion idéale de sucres libres selon l’OMS, à savoir maxi­mum 25 grammes de sucres libres par jour (grosso modo hein, je ne souhai­tais pas spécia­le­ment passer tout le mois sur ma calcu­la­trice). Donc on compte plus ou moins tous les sucres, sauf ceux des fruits entiers. Et 25 grammes de sucre par jour, par rapport à un régime alimen­taire normal, ce n’est RIEN !

Dessert par Bethany Newman

Suivi

  • Jour 1 : j’ai pris tout le contenu de l’ar­moire des douceurs et je l’ai planqué en dessous du lavabo, à côté des sacs poubelles et du stock de pâtes. Bref, hors de ma vue quoti­dienne. C’est bizarre, ça me fait comme un pince­ment au cœur… Morgane ressai­sis-toi, ce n’est que de la nour­ri­ture enfin ! (Après coup, je pense que j’ai eu ce pince­ment prin­ci­pa­le­ment parce que la plupart m’ont été offerts par ma maman, spon­sor offi­cielle de mes bour­re­lets !).
 J’ai fait le plein de fruits frais, qui rempla­ce­ront dans un premier temps ma touche sucrée des fins de repas.
  • Jour 3 : J’ai pensé toute l’après-midi au choco­lat que je n’avais pas mangé ce midi. Mais je n’ai pas craqué ! J’ai aussi ce soir mis ma chère et tendre grena­dine au fond du placard à côté du choco­lat. Elle cachait très bien ses 25 grammes de sucres dans mon verre, la coquine ! C’est tout le sucre de la jour­née dans un seul verre… Chat m’a conseillé de faire un calen­drier où je peux barrer les jours, pour me moti­ver. Il a même décidé de se joindre à l’aven­ture !
  • Jour 10 : je deviens une pro des étiquettes ! J’ai consulté les étiquettes de presque tous les aliments que j’ai mangés jusqu’à présent, à la partie Glucides – dont sucres, pour consta­ter que beau­coup d’ali­ments insoupçon­nés sont en fait bour­rés de sucres (ouh la vilaine sauce tomate !). Les dernières étiquettes consul­tées l’étaient plus par curio­sité, je recon­nais un coupable quand j’en vois un main­te­nant !
  • Jour 14 : je ne me recon­nais plus, je n’ai presque plus de frin­gales ! Il était normal et courant pour moi à 16h d’être affa­mée, de vrai­ment ressen­tir le besoin d’avoir une colla­tion — un peu comme les enfants — main­te­nant que je ne ressens presque plus jamais ça, je peux même sortir sans mettre bananes, pommes, noix et autres copines dans mon sac à main. La libé­ra­tion a commencé !
  • Jour 25 : ahhhhh ça fait presque un mois que je n’ai pas mangé de choco­lat, je n’en reviens pas ! J’ai l’air un peu hysté­rique là sur le coup, mais je trouve que j’au­rais géré l’ex­pé­rience — jusqu’à présent — de façon très ration­nelle et adulte. Je n’ai fait un écart qu’un seul jour, et c’était prévu (je ne sais pas si le carac­tère prémé­dité de mon craquage est une bonne chose ou pas cela dit) : je suis allée dans un très bon restau­rant qui propo­sait, Oh Grands Dieux, un menu entiè­re­ment végane. J’ai retourné la ques­tion pendant au moins 1 minute dans ma tête avant de déci­der que, manger ce déli­cieux dessert serait mani­fes­te­ment l’op­tion la plus raison­nable.
  • Jour 30 : I made it ! Et figu­rez-vous que, eh bien c’est devenu telle­ment natu­rel que j’avais oublié de barrer les derniers jours…
    Je m’at­ten­dais à manger du choco­lat jusqu’à plus faim dès la cure termi­née, mais, figu­rez-vous que je n’ai abso­lu­ment rien fait. Cela fait main­te­nant 1 semaine que j’ai terminé le chal­lenge et je n’ai pas réajusté ma consom­ma­tion, et je ne me suis pas ruée sur le placard à sucre­ries. Cette nouvelle façon de manger est deve­nue natu­relle, et je me sens telle­ment mieux !

Une éner­gie et un appé­tit plus constants

Une chose qui a dras­tique­ment changé, c’est mon appé­tit. Loin d’avoir dimi­nué, il s’est régulé. Je n’ai faim qu’aux heures de repas, donc je ne ressens plus le besoin de grigno­ter entre les repas ! Le sucre appe­lant le sucre, étant donné que je ne termine pas sur une touche sucrée — autre que des fruits je veux dire —, je ne suis plus prise dans cette dyna­mique qui me faisait me retrou­ver à encore manger du choco­lat ou des biscuits à 15h. Fini les coups de mou à 10h et 16h, ou les grosses frin­gales à 18h !

Une peau plus nette

J’avais toujours cru qu’il y avait un lien entre choco­lat et imper­fec­tions cuta­nées, mais en fait non. Par contre il y a bien un lien entre sucre et boutons, car j’ai conti­nué à manger du choco­lat pendant le chal­lenge, mais pur, sous forme de porridge cacaoté par exemple, et ma peau est quand même beau­coup plus nette et lisse.

Plus d’en­vie de sucre

Ce sera peut-être la partie la plus impor­tante ; je n’ai plus envie de sucres. Ou en tout cas, plus envie comparé à la Morgane d’il y a un mois, gour­mande et ne disant jamais non à une glace, un bout de choco­lat, ou un brow­nie. Je sens que ma rela­tion avec le sucre est beau­coup plus saine qu’a­vant, car j’avais aussi pris la fâcheuse habi­tude de manger trop, et ce à cause des touches sucrées qui n’en finis­saient pas. Mon ventre ne ressemble plus à un ballon de foot à la fin des repas 🙂

Des papilles plus sensibles

En buvant un cidre de pommes l’autre jour (les anglais ont presque autant de bières que de cidres), j’ad­met avoir eu l’im­pres­sion de voir du sucre liqué­fié. Je ne m’at­ten­dais pas à voir mes goûts chan­ger aussi vite, et surtout, je n’en ai plus envie. Alors clai­re­ment, je pense qu’il serait facile de reprendre ma consom­ma­tion avant-cure, mais en tout cas là je n’en ai plus envie, donc je ne vais certai­ne­ment pas me forcer !

Perte de poids

J’ai perdu 2 kg, et bien que cela ne m’im­porte pas beau­coup, je trouve quand même impor­tant de le préci­ser, car à part de sucre, je ne me suis privée de rien. Je sens aussi que j’ai perdu un peu de graisse au niveau du ventre, ce qui ma foi est toujours appré­ciable, surtout sans rien faire !

Donuts par annie shelmerdine

Expé­rience sans sucre de l’amou­reux

Comme mentionné plus haut, Chat m’a rejoint dans l’aven­ture, après 3 jours de chal­lenge pour moi. Voici son ressenti sur cette expé­rience :

“J’ai commencé ma cure sans sucre 3 jours après que Mo l’ait commen­cée. Plusieurs raisons m’ont poussé à tenter ce chal­len­ge… Premiè­re­ment, Chaton m’a convaincu en me sensi­bi­li­sant via sa propre cure que nous mangions beau­coup trop de sucre. J’avais aussi envie de la soute­nir, et fina­le­ment c’est toujours bon de se mettre au défi, même si j’ad­mets que dans mon cas cela me semblait facile puisque je suis natu­rel­le­ment plus attiré par le salé que le sucré.

Les effets à court terme — après 6 jours — ont été encou­ra­geants ! Je me sentais plus constant au niveau de ma concen­tra­tion au travail, mais aussi au niveau de mes frin­gales entre les repas. Je suis rapi­de­ment rentré dans une boucle vertueuse en ce qui concer­nait les aliments qui compo­saient mes repas. Je favo­ri­sais les aliments sains unique­ment, je n’avais certai­ne­ment pas envie de consom­mer de la malbouffe vers laquelle j’ai parfois eu un petit faible dans le passé, et je sentais que mon corps ne luttait pas ! Ça s’est fait tout natu­rel­le­ment.

Les effets à moyen terme — entre 2 et 3 semaines — ont encore été impres­sion­nants, en plus de renfor­cer les effets à court terme. Perte de poids, 4 kg envi­ron, sans m’en être réel­le­ment rendu compte ! Une sensa­tion parti­cu­lière qui fait que vous vous sentez bien constam­ment, l’im­pres­sion que les personnes qui vous entourent sont “malades” de par leur alimen­ta­tion. Et l’en­vie déjà de pour­suivre ce mode de consom­ma­tion même après la fin du chal­lenge.

Mon bilan après un mois, est que je suis déter­miné à conti­nuer à faire atten­tion à la quan­tité de sucre que j’in­gère quoti­dien­ne­ment. Les biens faits se sont fait ressen­tir telle­ment rapi­de­ment et cela me motive à conti­nuer. Je me sens accro à ces nouvelles sensa­tions que je découvre, accro au fait de ne plus être esclave du sucre, accro à manger unique­ment des aliments qui me font du bien sans avoir la sensa­tion de me priver. Jamais je n’au­rais pensé dire cela, mais l’es­sayer a été pour moi l’adop­ter. Je le recom­mande vive­ment !”

Et main­te­nant ?

Je pense que nous allons conti­nuer à éviter un maxi­mum de sucres libres à la maison, par contre je garde­rai le choco­lat noir — celui avec un peu de sucre dedans quand même — pour les coups durs. Cela a honnê­te­ment des effets théra­peu­tiques sur moi, pour les jours où je ne sens un peu moins en forme, et que j’ai besoin d’un peu de récon­fort comes­tible. J’au­rais vrai­ment l’im­pres­sion de me priver d’une théra­pie simple et effi­cace contre les tris­tesses passa­gères si je m’en passais !

Pour le reste, je préfère garder les petits desserts de toutes sortes en dehors de chez moi, comme ça leur consom­ma­tion restera excep­tion­nelle lors d’une sortie, et ce sera quand j’en ai réel­le­ment envie, pas par ennui ou dépit d’avoir autre chose dans mon frigo.

P.S. Les photos de cet article vous ont fait sali­ver ? Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Trois feuillesPOUR ALLER PLUS LOIN

SOURCES 

  • Crédits photos : Brigitte Tohm, Annie Shel­mer­dine, Bethany Newman — merci.
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  • Cha

    Admirative je suis ! (mais je te l’ai déjà dit :P) Mais pour les photos c’est vraiment pas sympa hein !

  • Du bout des lettres

    Yesss ! ça fait un moment que je me dis qu’il faut que je sois plus draconienne avec le sucre. J’ai déjà pas mal éliminé, mais il y a encore une belle marge d’amélioration. Ton article me motive à 1000 % pour tenter un petit challenge similaire 🙂

    • Ohh génial ! Je ne pourrais plus te le recommander 🙂