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Plante par Kari Shea

Il n’y a pas de gens méchants.

Le titre de cet article semble être le nom du dernier épisode des Bisou­nours, je vous l’ac­corde. Car en pratique oui, il y a des gens méchants, mais ce que j’en­tends par là c’est que personne ne l’est de façon innée, dès la nais­sance. Comprendre l’ori­gine de ce type de compor­te­ments néga­tifs est souvent la clé pour mieux le tolé­rer, voir même le pardon­ner.

Nous avons déjà tous passé une mauvaise jour­née. Si mauvaise que nous n’avons ce jour-là pas dit merci au cais­sier du super­mar­ché. Ou encore, pas présenté un mini­mum d’ex­cuses après avoir piétiné le pied de quelqu’un dans le métro. Cette personne, qui elle passait une bonne jour­née s’est certai­ne­ment dit que nous étions quelqu’un d’im­poli, ou de mal éduqué.
La petite fille qui nous a lancé un immense sourire que nous n’avons pas rendu s’est certai­ne­ment dit que nous n’étions qu’un autre de ces adultes renfro­gnés.

Pour­tant, je pour­rais parier que tout comme moi, vous ne vous consi­dé­rez pas comme ce type de personne. Nous sommes tous, à certains moments de nos vies, plus vulné­rables et donc poten­tiel­le­ment méchants.

Je vous conseille donc d’es­sayer, la prochaine fois qu’un %@?~!+ de conduc­teur vous barre la route, ou qu’une fille vous regarde de haut (la compé­ti­tion est reine dans le Royaume des Femmes) de ne pas lais­ser cette expé­rience trans­for­mer votre jour­née ou pire, vous trans­for­mer vous. À la prochaine occa­sion de ce type, essayez plutôt d’en­ve­lop­per la personne d’em­pa­thie et de tout votre amour, car elle est proba­ble­ment dans une phase peu enviable de sa vie. Pensez à ce qu’il pour­rait lui être arrivé. Peut-être que cet homme au visage fermé et dur est en instance de divorce ? Peut-être que cette jeune femme, sur laquelle vous déver­se­riez volon­tiers toute votre haine, vient d’ap­prendre qu’elle a été reca­lée à l’exa­men d’en­trée de l’école d’art sur laquelle elle avait reposé toute son ambi­tion ? Ou peut-être lutte-elle depuis des années contre un manque de confiance en elle ? Le but n’est pas de reve­nir chez soi le coeur lourd car l’on a absorbé la tris­tesse et le mal-être de tous ces passants qui nous ont l’es­pace d’un instant impor­tuné. L’objec­tif serait plutôt d’ap­pré­hen­der ces situa­tions de façon plus saine, non pas en se lais­sant aller à notre réflexe quelque peu bestial de haine immé­diate, mais en souhai­tant (et sincè­re­ment ! Mais oui c’est possi­ble…) tout le bonheur du monde à ces personnes.

 

 

Le deuxième cas concerne des personnes qui, par manque d’édu­ca­tion, réagissent d’une façon qui nous semble révol­tante. Par exemple, en tant que végé­ta­lienne, j’avais au début tendance à m’of­fusquer que d’autres personnes osent impo­ser à des animaux un sort qu’ils ne méritent pas. Je suis aujourd’­hui convain­cue que les personnes qui en consomment sont de ceux qui n’ont pas eu l’op­por­tu­nité de réel­le­ment faire un choix éclairé, en adop­tant tout simple­ment le mode de vie trans­mis depuis des géné­ra­tions sans le remettre en ques­tion. Je pense donc que tout être humain nait dépourvu de mauvaises inten­tions et doté de compas­sion. Personne ne souhaite voir un veau-à-peine-juste-né séparé de sa maman et être conduit dans un abat­toir. Personne non plus ne se réjouit à l’idée d’égor­ger vivant un animal émotion­nel­le­ment et géné­tique­ment plus proche de nous que le chien – le cochon.

Beau­coup d’autres compor­te­ments trouvent ainsi leur expli­ca­tion dans un manque d’édu­ca­tion et d’in­for­ma­tion sur le sujet. La personne raciste est poten­tiel­le­ment juste quelqu’un qui a tiré des conclu­sions hâtives en écou­tant des actua­li­tés, par manque de discer­ne­ment et de capa­cité à abor­der des infor­ma­tions avec un esprit critique. L’homo­phobe n’au­rait juste pas eu l’oc­ca­sion de rencon­trer une personne homo­sexuelle qui lui permet­trait de remarquer qu’elle est une personne comme les autres, et que son orien­ta­tion sexuelle n’im­plique pas qu’elle mène une vie plus déca­dente qu’une autre. Beau­coup d’entre nous ont tout simple­ment tendance à détes­ter ce qu’ils ne connaissent pas ou ne comprennent pas, par crainte de l’in­connu. Et ces expli­ca­tions sont de simples exemples, il existe un éven­tail de raisons et d’ex­pé­riences qui pour­raient mener quelqu’un à adop­ter un mauvais juge­ment.
Cet article ne vise pas à faire l’apo­lo­gie de ces extrêmes, car elles peuvent s’avé­rer très destruc­tives et meur­trières. Mais dans la plupart des cas, l’an­ti­dote ne réside ni dans des prisons, ni dans des guerres, ni dans la haine. Simple­ment dans plus d’édu­ca­tion, et plus d’amour.

La solu­tion par rapport à ce problème-ci consiste donc à ne jamais cesser d’ap­prendre  et de garder un esprit ouvert à de nouvelles façons de penser, être prêt à ques­tion­ner sans cesse tout ce qui nous entoure et tout ce qui nous appa­rait même comme une vérité abso­lue.

Surtout ce qui nous parait comme vérité abso­lue.

Trois feuilles

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SOURCES

  • Crédit photo : Kari Shea – merci.
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  • Hey devine quoi… encore moi ! 😀 (non, je ne suis pas une psychopathe… pas tous les jours quoi).
    ça fait du bien des articles comme ça. Je suis dans une période où ma tolérance à la connerie et à la méchanceté est égale à à peu près -12, et ça me rend souvent tout aussi méchante et conne que ces gens que j’agonis d’injures (mais intérieurement, je reste civilisée – en dehors de ma voiture ^^’). Je travaille sur ça (et j’attends les vacances très fort), mais ça fait du bien de le voir écrit noir sur blanc par quelqu’un d’autre. Alors merci 🙂