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Cheveux par Drew Coffman

Mes déboires avec le no-poo

Entre le no-poo et moi, je dois admettre que cela ne fut pas l’amour fou. Tous les éléments étaient pour­tant réunis pour que cela se passe bien entre nous : j’étais ferme­ment convain­cue que c’était la solu­tion univer­selle, celle que tous les vendeurs de sham­poings essaient à tout prix de nous faire igno­rer. J’ai­mais aussi parti­cu­liè­re­ment l’as­pect natu­rel et “retour aux sources” de cette solu­tion ainsi que l’idée de pouvoir élimi­ner de ma vie une autre source de produits dont je ne maîtrise pas entiè­re­ment la compo­si­tion.

No quoi ?

Commençons au début, le concept du no-poo, en quelques mots, consiste tout simple­ment à ne plus utili­ser de sham­poing clas­sique, celui qui l’on trouve au rayon “beauté du cheveu” des super­mar­chés. NO shamPOO quoi ! L’idéal de la tignasse estam­pillée No-Poo est donc lavé soit à l’eau, soit à l’aide de produits natu­rels — 100 % natu­rels comme de l’ar­gile par exemple, pas un sham­poing bio, aussi doux soient ses tensio­ac­tifs.

Effet cock­tail et pertur­ba­teurs endo­cri­niens

Quelles pour­raient être les moti­va­tions à migrer vers le no-poo ? L’en­vie d’ar­rê­ter d’uti­li­ser quoti­dien­ne­ment — ou presque — des produits qui irritent le cuir chevelu, sont suspec­tés d’être des pertur­ba­teurs endo­cri­niens et parti­cipent à l’effet cock­tail des produits chimiques. En effet, les produits que la plupart d’entre-nous utilisent quoti­dien­ne­ment (déo, savon, crèmes…) ne sont à eux seuls à priori pas toxiques pour l’Homme (j’ai person­nel­le­ment des attentes plus élevées en termes de cosmé­tiques que juste “pas toxique pour ma santé”, mais ça c’est une autre ques­tion), mais l’ef­fet de la combi­nai­son de tous ces produits n’est bien souvent pas étudié par les entre­prises cosmé­tiques. Nous sommes donc ici dans une démarche préven­tive, car aucune étude n’irait pour le moment ni dans un sens ni dans l’autre (qui finan­ce­rait une telle étude ?).

Je voulais aussi me déta­cher de cette rela­tion de dépen­dance que j’avais comme beau­coup construite au fil des ans avec mes sham­poings : au plus je lavais mes cheveux, au plus je devais les laver, jusqu’à arri­ver à devoir les laver tous les deux jours ! Pourquoi donc ? Parce qu’à force de reti­rer le sébum de nos tignasses, le cuir chevelu en produit plus par méca­nisme de défense, car nos petites mèches ont besoin de cette huile qui les protège et les nour­rit.

Procédé suivi

J’ai prin­ci­pa­le­ment suivi le procédé recom­mandé par Anti­gone XXI, qui consiste à :

  • Étape 1 : espa­cer les sham­poings — coucou cheveux gras — en les bros­sant quoti­dien­ne­ment pour répar­tir le doux sébum sur les longueurs (vous voyez l’ef­fet “casque de cheveux” des person­nages Legos ? C’était un peu moi après les bros­sages sur les mèches gras­souillettes au début de cette phase).
  • Étape 2 : rempla­cer les sham­poings par des lavages avec des produits natu­rels : j’ai commencé avec le rhas­soul suivi d’un rinçage à l’eau vinai­grée, pour passer à l’ar­gile blanche, le bicar­bo­nate de soude, la farine de pois chiches, la fécule de maïs… Le cheveu n’étant pas habi­tué à ce type de produits entre dans une phase que j’ap­pel­le­rais de sevrage, pendant laquelle il témoigne de sa frus­tra­tion en étant tout simple­ment pois­seux peu importe tout l’amour avec lequel vous appliquez votre argile, bicar­bo­nate, huiles essen­tielles ou autres. Mais au début de ce stade-ci, c’est normal.
  • L’étape 3 — à laquelle je ne suis jamais parve­nue — c’est d’es­pa­cer ces lavages natu­rels un maxi­mum jusqu’à éven­tuel­le­ment n’ar­ri­ver qu’à faire des rinçages à l’eau (tout en ayant le cheveu qui sent bon ! Ben oui sinon c’est de la triche…).

Bilan

Comme je le disais plus haut, le no-poo n’a pas fonc­tionné pour moi. Genre pas du tout. J’ai tenté l’ex­pé­rience lors de ma dernière année d’étude : les étudiants belges disposent de “congés” pour étudier, je me suis donc dit que cette période d’exa­mens était idéale pour ce type d’ex­pé­riences, mes contacts avec le monde exté­rieur étant très limi­tés à ce moment-là. Une des seules personnes à avoir eu l’hon­neur de témoi­gner de ma tête de Lego et mes cheveux pois­seux est Chat, vu qu’il étudiait avec moi. Petit veinard ! Je suis arri­vée après envi­ron 6 semaines d’achar­ne­ment à me retrou­ver avec la tignasse plus rêche, terne et sèche que je n’au­rais pu l’ima­gi­ner. Mes cheveux étaient non seule­ment pois­seux, mais ils avaient aussi une texture simi­laire à de la paille et commençaient sérieu­se­ment à manquer : les lavages avaient tendance à me faire perdre une quan­tité énorme de cheveux, peu importe la déli­ca­tesse avec laquelle je procé­dais.

C’est au retour dans la société que ma tête hirsute et moi avons donc décidé d’en rester là avec le no-poo. Est-ce que cela aurait fonc­tionné si j’avais prolongé l’ex­pé­rience ? Peut-être, mais j’ai le senti­ment que je serais aussi deve­nue chauve à au passage. Est-ce que je reten­te­rais l’ex­pé­rience ? Je n’ex­clus pas cette possi­bi­lité. La clé étant d’avoir suffi­sam­ment de temps — sans contacts sociaux pour ma part, j’étais vrai­ment insor­table pendant mes essais —, mais peut-être aussi un autre type de cheveux que le mien, et ça je ne le saurais qu’en re-essayant !

J’es­père ne pas avoir dissuadé ceux d’entre vous qui seraient tentés par le no-poo, car je suis pour ma part énor­mé­ment déçue qu’il ne puisse pas s’ap­pliquer à ma tignasse pour le moment. Si cette solu­tion a du sens pour vous comme elle en a pour moi, foncez, en abor­dant toute­fois l’ex­pé­rience avec recul et objec­ti­vité : vous vous rendrez compte que votre cuir chevelu n’en peut plus si vous ne vous bornez pas à l’igno­rer. Mais si cela fonc­tionne pour vous alors je vous envie, énor­mé­ment !

Trois feuilles

POUR ALLER PLUS LOIN

SOURCES

  • Crédit photo : Drew Coff­man — merci.
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