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Chien de Jeremiah Higgins

5 mauvaises raisons d’ache­ter un animal de compa­gnie

Vous avez beau tour­ner la ques­tion dans tous les sens, vous avez entendu parler du trafic d’ani­­maux dits “de compa­­gnie”, mais vous n’ar­ri­vez pas à vous faire à l’idée, adop­ter un animal, ce n’est vrai­ment pas pour vous. Pourquoi ? (Bon, vous hési­tez quand même, sinon vous ne seriez pas ici !)

— “Je veux abso­lu­ment un Berger Alle­mand/Siamois/Beagle/croisé Licorne persane”

Je ne débat­trai pas ici sur la vali­dité d’un tel argu­ment lors de la réflexion concer­nant un animal de compa­gnie, mais plutôt sur sa qualité de contre-argu­ment par rapport à l’adop­tion. Dans beau­coup de cas, il suffit d’in­for­mer le refuge de vos dési­dé­ra­tas pour qu’ils vous informent si une certaine race de chien arrive chez eux. La démarche pren­dra plus de temps que de simple­ment faire votre shop­ping chez un éleveur, c’est vrai. Mais vous serez d’au­tant plus heureux de voir la petite bouille de celui/celle à qui vous avez sauvé la vie.

Chat par Erik Jan Leusink

— “Je veux abso­lu­ment un bébé”

Inutile de faire un sondage à échelle mondiale pour vous faire part d’un scoop : tout le monde préfère les bébés animaux, c’est nette­ment plus craquant et il est plus rapide de créer un lien très fort avec eux, c’est vrai. En adop­tant un animal en âge adulte, vous adop­tez aussi tout un bagage émotion­nel : celui que sa vie avec ses précé­dents humains lui a laissé.
Ceci dit, près de 20 % des chiens et 38 % des chats1 présents en refuge sont âgés de moins de 3 mois, donc pas d’ex­cuse. Mais dans le cas contraire, seriez-vous prêt à faire une conces­sion là dessus, et faire un geste désin­té­ressé d’une grande bonté ?

Chien par Meredith Hunter

— “Si l’ani­mal a été aban­donné, c’est parce ce qu’il se compor­tait mal”

C’est vrai, c’est peut-être le cas. Je ne peux toute­fois m’em­pê­cher de calquer cette raison aux humains ; si mon enfant est turbu­lent, je peux aussi le lais­ser sur le bord de la route ? Lais­sons le béné­fice du doute aux personnes qui aban­donnent un animal, même si j’ai toute­fois beau­coup de mal à appré­cier l’in­té­grité morale et intel­lec­tuelle de ce type de personnes.
Il faut savoir que dans beau­coup de cas, les personnes ayant aban­donné leur animal étaient tout simple­ment peu infor­mées2 sur les impli­ca­tions liées à l’ac­qui­si­tion d’un animal ; elles avaient acquis un Husky parce qu’il a des trop beaux yeux sans se rensei­gner sur la person­na­lité de l’ani­mal, souvent liée à la race. Un couple avec enfants habi­tant dans un 40 min 2 s n’est en effet pas une combi­nai­son gagnante pour un animal réputé pour son tempé­ra­ment ultra jovial et son besoin d’ac­ti­vité physique.
Dans d’autres cas, les anciens “proprié­taires” sont tout simple­ment morts, ont acheté un chien en oubliant qu’il gran­di­rait un jour — on ne pensait pas qu’il devien­drait si grand non, mais oh —, igno­raient leurs aller­gies aux poils de chien — ou aux ballades deux fois par jour —, démé­nagent — tout le monde le sait, le marché de l’im­mo­bi­lier dont les proprié­taires acceptent les 4 pattes est complè­te­ment saturé —… Et puis grande nouvelle aussi, un animal, ça salit, abîme, mange, ronge… Votre loge­ment. Eh bien oui, il s’agit d’un échange de faveurs ; lui vous donne de l’amour et vous un peu de votre confort maté­riel.
Bref, les fausses bonnes excuses sont multiples, et ce n’est pas parce qu’il a été aban­donné qu’un animal est forcé­ment invi­vable.
Évidem­ment dans certains cas, un animal peut en effet avoir été mal éduqué et passer ses jour­nées à appor­ter des modi­fi­ca­tions à votre déco­ra­tion inté­rieure. L’avan­tage en adop­tant un animal, c’est qu’il y a beau­coup de chances que le person­nel ou les béné­voles du refuge connaissent chaque animal, et puisse donc vous donner des indi­ca­tions précises par rapport à sa person­na­lité.

Chat par David Bunyadzade

— “Je veux sauver un animal d’une anima­le­rie”

L’in­ten­tion ne pour­rait être plus louable, mais les moyens ne sont pas les bons. Les anima­le­ries sont des entre­prises comme les autres : chaque produit acheté sera consi­déré comme un produit à succès, qu’il faut donc conti­nuer à comman­der, étant donné qu’il y a de la demande. Si vous ache­tez un animal parce que vous avez eu le cœur brisé par le regard triste de ce petit chat dans sa cage, l’ani­ma­le­rie commande aussi tôt sorti du maga­sin un autre petit chat. La vie de ce petit chat est sauvée en effet, mais au détri­ment de tous les autres qui le suivront. Si tout le monde arrête d’en­tre­te­nir ces anima­le­ries, elles pose­ront le bilan, comme pour toute entre­prise qui ne fonc­tionne pas. À plus grande échelle, cela signi­fie plus d’ani­ma­le­ries du tout, des refuges moins débor­dés et moins d’eu­tha­na­sie. Bref, sauver une vie en en tuant d’autres est donc une stra­té­gie contre-effi­cace. Je vous conseille tout simple­ment d’évi­ter ces endroits, pour éviter toute tenta­tion — et pour éviter d’avoir le cœur brisé et l’es­to­mac noué au passage. Idéa­le­ment, n’ache­tez rien dans ces anima­le­ries vendant des animaux, pas même des croquettes. De cette manière, vous ne soute­nez même pas indi­rec­te­ment ce commerce.

Chat par Chinda Sam

 “Je connais cet éleveur et je lui fais confiance”

Comme précisé plus haut, à moins d’avoir vu de vos propres yeux l’en­droit où est né l’ani­mal ainsi que ses géni­teurs, vous n’avez aucune garan­tie quant aux condi­tions de vie et de trans­ports que les animaux ont subits. Le prix de l’ani­mal ne donne aucune garan­tie non plus par rapport à ces ques­tions. Beau­coup de vendeurs parti­cu­liers ne sont en fait que des reven­deurs, ayant eux-mêmes acheté l’ani­mal à bas prix auprès d’une usine. Ne faites confiance à personne, il ne s’agit pas d’un sac de chips dont il est ques­tion, vous êtes donc entiè­re­ment respon­sables du bien-être non seule­ment de l’ani­mal que vous voulez ache­ter, mais aussi de ses parents, et vous vous rendez complice de tout abus en lien avec votre achat.

Nous vivons en pleine crise, dont la consé­quence directe est la mort et maltrai­tance de centaines de milliers d’ani­maux dits de compa­gnie. Mais heureu­se­ment, nous possé­dons tous la clé vers une solu­tion à cette crise : le choix. Vous pour­rez trou­ver ici 10 bonnes raisons d’adop­ter un animal plutôt que de l’ache­ter.

Trois feuilles

SOURCES

  • Crédit photos : Mere­dith Hunter, Jere­miah Higgins, Erik Jan Leusink, Chinda Sam, merci.

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