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10 raisons d’adop­ter un animal plutôt que de l’ache­ter

Voici le deuxième article du dossier sur l’adop­tion ou l’achat d’ani­maux de compa­gnie ! Pour ceux qui débarquent seule­ment ici, je vous conseille vive­ment de lire le premier article de la série, qui parle du trafic d’ani­maux dits “de compa­gnie”, ainsi que les 5 mauvaises raisons d’ache­ter un animal. Vous l’au­rez deviné, en termes “d’ac­qui­si­tion” d’un animal, je suis du camp de ceux qui adoptent.
Pour ceux qui se demandent en quoi l’achat d’un animal pose problème, ou pour ceux qui sont déjà convain­cus, mais cherchent des argu­ments en plus, voici ma liste des 10 prin­ci­pales raisons pour lesquelles adop­ter un animal est vache­ment, vache­ment l’op­tion la plus cool.

1.Parce que je me soucie du bien-être des géni­teurs de mon animal

Au-delà des condi­tions exécrables dans lesquelles les bébés animaux sont produits et amenés jusqu’à l’ani­ma­le­rie ou les parti­cu­liers qui les vendra, il y a un aspect que l’on a tendance à oublier : ces bébés proviennent d’autres animaux qui eux, ne fini­ront jamais dans un foyer aimant. Les géni­teurs de ces animaux “d’éle­vage” sont souvent mal nour­ris et déshy­dra­tés. Ils vivent confi­nés dans des cages obscures, hangars ou garages, et sont conti­nuel­le­ment insé­mi­nés pendant des années, privés non seule­ment de liberté, mais aussi de leurs petits, de toute compa­gnie humaine et d’amour. Ces animaux vivent donc une vie de soli­tude, et le seul attrait qu’ils consti­tuent aux yeux des éleveurs est qu’ils produisent des petits. Une fois qu’elles deviennent moins fertiles — en géné­ral entre l’âge de 4 et 5 ans1 pour les chiennes —, ces femelles sont soit tuées, soit aban­don­nées, soit vendues à une autre usine d’éle­vage ou un labo­ra­toire scien­ti­fique. À moins de visi­ter person­nel­le­ment physique­ment l’en­droit dans lequel l’ani­mal est né ainsi que l’en­droit où ses parents vivent, il n’y a aucun moyen d’être certain que le tout s’est fait dans de bonnes condi­tions, et que le nombre maxi­mum de portées par an soit respecté. Il est de notre devoir moral de ne pas faire l’au­truche en déci­dant de croire naïve­ment les belles paroles ou les photos du vendeur, même si celui-ci est un parti­cu­lier, car il défen­dra proba­ble­ment ses inté­rêts écono­miques et non ceux de l’ani­mal. Ache­ter un animal, c’est se rendre complice du sort cruel de ses parents, et suppor­ter les abus dont ils sont victimes.

Quel sens y a-t-il dans l’achat d’un animal dans le but de le chérir et lui offrir la meilleure vie qui soit si cela implique d’in­fli­ger à ses parents une vie de confi­ne­ment et de soli­tude ?

2.) Pour sauver ceux qui ont été aban­don­nés

Abandons animaux en France

Chaque année, près de 100 0002 animaux domes­tiques sont aban­don­nés, en France unique­ment. Après avoir été aban­don­nés parfois dans d’atroces manières — atta­chés à un arbre, laissé pour mort sur une aire d’au­to­route, jetés dans un sac poubelle ou encore lancés par la vitre de la voiture — ces animaux se retrouvent dans le meilleur des cas dans des refuges surpeu­plés, s’ils y arrivent un jour.

En adop­tant dans un refuge, vous donnez une seconde vie à un animal, qui en plus de devoir surmon­ter l’idée que son humain adoré ne revien­dra plus, est menacé de passer au mieux sa vie seul dans une cage.

3.) Pour libé­rer une place dans le refuge pour un autre animal

Beau­coup d’ani­maux recueillis sont eutha­na­siés, s’ils sont jugés non adop­tables, malades ou dange­reux. Bien que terri­ble­ment révol­tante, cette règle semble rela­ti­ve­ment ration­nelle, dans la mesure où nous ne vivons pas encore dans une société idéale qui dispo­se­rait de moyens illi­mi­tés pour faire face à ce type de situa­tions. Les refuges manquent donc de budgets pour garder ces animaux, qui deviennent un gouffre finan­cier, n’ayant pratique­ment aucune chance d’être adop­tés.

Ce qui semble plus révol­tant en revanche, c’est que beau­coup d’ani­maux recueillis sont eutha­na­siés simple­ment parce que le refuge manque de place. Nous faisons face aujourd’­hui à de véri­tables abat­toirs pour chiens et chats, comme mention­nés dans cet article du blog de One Voice. Pour avoir une meilleure idée de l’iné­vi­ta­bi­lité actuelle de l’eu­tha­na­sie, voici un chiffre plutôt éloquent : l’en­semble de toutes les SPA de France recueille actuel­le­ment à peine 5000 animaux, sachant que 123 animaux domes­tiques sont aban­don­nés en moyenne par heure en France. En adop­tant votre compa­gnon poilu dans un refuge vous libé­rez une place pour un autre animal qui grâce à vous, pourra à son tour être recueilli et béné­fi­cier de bons soins pour être ensuite poten­tiel­le­ment adopté.

Abandons chiens et chats par an

4.) Pour ne pas soute­nir une indus­trie consu­mé­riste qui réduit l’ani­mal au rang d’objet

En ache­tant un animal, nous soute­nons une écono­mie déshu­ma­ni­sante qui favo­rise l’achat impul­sif d’êtres vivants, et les réduits à de simples acces­soires de mode. Il n’y a rien de plus simple que de se procu­rer un chien, geste dont on ne se rendra compte que trop tard qu’il est accom­pa­gné de beau­coup de respon­sa­bi­li­tés. Ache­ter un animal de compa­gnie, c’est soute­nir une indus­trie qui entre­tient l’idée qu’un animal est un simple produit que l’on peut se procu­rer en faisant son shop­ping, au même titre que du produit lessive ou un tapis IKEA. Ache­ter un animal c’est aussi soute­nir une écono­mie qui juge moral de donner un animal à une personne sans se soucier de ses moti­va­tions ni de sa capa­cité à en prendre soin, tant qu’elle sait y mettre le prix.

À une ère où nous consom­mons autant que nous respi­rons, un achat est équi­valent d’un vote. Chaque jour, les achats que vous faites déter­minent quel type de personne vous êtes. Voulez-vous vrai­ment voter pour une société qui exploite des êtres sensibles ?

5.) Parce que je me soucie de la santé de mon animal

Pour assu­rer un meilleur rende­ment, les bébés sont souvent sépa­rés de leur maman avant d’être sevrés. Pourquoi ? Parce que prendre soin d’un bébé requiert beau­coup d’éner­gie, ce qui fatigue la maman qui doit rester le plus en forme possible pour produire d’autres bébés. Aussi parce que plus les chiots/chatons sont jeunes, plus ils sont mignons, et donc vendables. Cette sépa­ra­tion précoce rend ces jeunes animaux plus vulné­rables à déve­lop­per des problèmes de santé faci­le­ment évitables, mala­dies infec­tieuses, problèmes de santé héré­di­taires, espé­rance de vie réduite ou de profonds troubles compor­te­men­taux.

Le fait d’être né, puis élevé et trans­porté dans des condi­tions sani­taires plus qu’a­léa­toires durant leurs premières semaines, ne donne donc pas à l’ani­mal le meilleur départ dans la vie, et laisse souvent des séquelles irré­ver­sibles. Vers, para­sites, inflam­ma­tions, mala­die de Carré, parvo­vi­rus, voilà un petit échan­tillon des douce­ries que vivent ces bébés animaux. Une étude4 faite en 2008 a reporté que 52 % des animaux trans­por­tés étaient malades. Parmi eux, 34 % avaient des ecto­pa­ra­sites, 23 % étaient affec­tés par le parvo­vi­rus, 17 % avaient des infec­tions fongiques et 10 % étaient porteurs de la mala­die de Carré.

Près de la moitié (49 %5) des chiots ache­tés en ligne tombent malades et envi­ron 1 chiot sur 5 (17 %6) se retrouve avec de sérieux problèmes gastro-intes­ti­naux. Pire encore, 20 % des chiots ache­tés via les réseaux sociaux meurent avant d’at­teindre l’âge de 6 mois. Une personne sur 5 ayant acheté un animal en ligne se retrouve avec des factures de vété­ri­naire allant de 590 € à 1170 € durant les 6 premiers mois de la vie du chiot. Cela dépasse souvent le prix d’achat de l’ani­mal.

Un autre souci sani­taire à se faire et celui de la rage, étant donné que beau­coup de chiots proviennent de pays recon­nus comme ayant des hauts taux de rage, que le vaccin peut être effec­tué à partir de l’âge de 12 semaines, mais que la plupart des chiots sont vendus à moins de 8 semaines. Ceci consiste un risque de mort non seule­ment pour l’ani­mal, mais aussi pour les humains. La rage est aujourd’­hui éradiquée en Europe de l’Ouest, mais pour­rait refaire appa­ri­tion à cause de ces circu­la­tions d’ani­maux conta­mi­nés.

Dog by Aaron Barnaby

6.) Pour ne pas soute­nir une indus­trie profon­dé­ment malade

Mettez un chihua­hua tout seul à l’ex­té­rieur de la chaleur rassu­rante de son foyer, et il ne tien­dra pas 24 h. On a tendance à l’ou­blier, mais ces races ont été façon­nées par et pour l’homme, sans prendre en consi­dé­ra­tion l’as­pect létal de certaines de ces carac­té­ris­tiques (le chihua­hua n’en fait pas spécia­le­ment partie plus qu’une autre race, je trou­vais juste l’exemple assez parlant). Il n’y a qu’à parcou­rir une fiche de la FCI (Fédé­ra­tion Cyno­lo­gique Inter­na­tio­nale) pour comprendre le malaise. Voici un exemple :

Extrait de la fiche FCI du Beagle

Extrait de la fiche FCI du Beagle

Ou encore un autre ici :

Extrait de la fiche FCI du Shiba

 

On parle bien d’ani­maux sensibles ou bien d’une pein­ture là ?? Beau­coup de croi­se­ments ont donné des animaux ayant des quali­tés esthé­tiques aux dépens de leur santé. Le berger alle­mand par exemple doit7 avoir l’ar­rière-train très bas, pouvant rendre ses dépla­ce­ments plus diffi­ciles et favo­ri­sant des problèmes de hanches et des para­ly­sies de l’ar­rière-train. Pourquoi ? Parce que ces traits physiques sont jugés plus esthé­tiques et donc favo­ri­sés lors des croi­se­ments. Le carlin quant à lui, sera jugé plus beau et suscep­tible de gagner un concours s’il a un museau très plat. Or au plus il a le museau plat au plus il a de chance de déve­lop­per des problèmes cardiaques et respi­ra­toires, le faisant ronfler éveillé dans le meilleur des cas et suffoquer dans le pire. Toutes les races de chiens et chats se retrouvent donc avec des prédis­po­si­tions8 à certaines mala­dies, qui sont pour la plupart donc héri­tées.

Ache­ter un animal signi­fie donc suppor­ter une indus­trie qui fait passer mon diver­tis­se­ment avant la santé de mon animal. En adop­tant, je ne nour­ris pas cette écono­mie qui sacri­fie la santé d’ani­maux dans le but de les rendre plus à la mode, plus attrac­tifs à la vente.

Cat

7.) Parce que vous aimez vrai­ment les animaux

Le côté para­doxal de cette ques­tion est que juste­ment la plupart des gens qui veulent un animal de compa­gnie sont ceux qui aiment les animaux par défi­ni­tion. Si vous aimez réel­le­ment les animaux, le premier réflexe est de ne pas en ache­ter, car cela cause de loin plus de tort que de bien. Réflé­chis­sons à la cohé­rence de ce geste : j’aime-telle­ment-les-animaux que je m’en fou éper­du­ment de causer du tord à d’autres animaux, de ne pas être sûre de l’ori­gine de mon compa­gnon ni comment il a été traité avant d’ar­ri­ver ici. Faites le choix du cœur, celui qui a du sens et dont vous serez fier(e) par la suite : voici Spee­dy­boo qui est un ancien chien de course et qui grâce à moi se refait une jeunesse en se la coulant douce.

8.) Pour soute­nir le travail des asso­cia­tions de protec­tion des animaux

Adop­ter un animal dans un refuge est acte d’amour et de respect, ainsi que finan­ciè­re­ment posi­tif. En effet, les frais d’adop­tion de votre compa­gnon couvri­ront les frais engen­drés par votre animal et aide­ront ainsi à conti­nuer à finan­cer les soins prodi­gués aux autres animaux moins chan­ceux. Vous avez donc réel­le­ment le choix entre avoir un impact profon­dé­ment néga­tif, ou placer votre argent du côté de personnes qui luttent acti­ve­ment quoti­dien­ne­ment contre la cruauté envers les animaux.

9. Parce que chaque vie mérite d’être respec­tée

En termes d’ani­maux de compa­gnie, le mot que l’on utilise lors de son “acqui­si­tion” est crucial. Le fait d’ache­ter un être vivant a quelque chose d’in­trin­sèque­ment immo­ral. Dans une optique anti­spé­ciste (c’est-à-dire que tous les animaux — humains ou non humains — méritent le même respect et droit à la vie), la domi­nance de l’être humain sur l’ani­mal n’est tout simple­ment ni juste, ni justi­fiée. Ache­ter un animal implique de le possé­der, et nous devrions possé­der unique­ment des choses, pas des êtres vivants.

Cet argu­ment est subjec­tif et dépend de la sensi­bi­lité de chacun, ainsi que la défi­ni­tion et l’im­por­tance que nous atta­chons à des concepts comme l’éga­lité et la justice. Pour ceux pour qui l’an­tis­pé­cisme est un terme un peu flou, voici un petit coup de pouce tout en légè­reté avec Inso­lente Veggie ! Petit clin d’œil avec cette illus­tra­tion sur l’an­tis­pé­cisme qui m’a fait sourire — jaune je l’ad­mets —, et celle-ci aussi.

Playing dog

10.) Parce que c’est finan­ciè­re­ment plus inté­res­sant

Bon, ce dernier argu­ment ne devrait vrai­ment pas être un facteur déci­sif de votre déci­sion, mais adop­ter un animal coûte consi­dé­ra­ble­ment moins cher que d’en ache­ter un. Les frais auprès d’un refuge consistent à parti­ci­per au bon fonc­tion­ne­ment du refuge, ainsi qu’aux soins et vaccins prodi­gués à l’ani­mal. En aucun cas la race de l’ani­mal n’entre en jeu, par contre son âge peut jouer, les jeunes animaux étant les plus deman­dés et les vieux animaux ayant moins de succès.

En plus d’éco­no­mi­ser au moment de l’ac­qui­si­tion de l’ani­mal, comme mentionné plus haut, adop­ter un animal implique consi­dé­ra­ble­ment moins de dépenses chez le vété­ri­naire, car l’ani­mal a beau­coup plus de chance d’être en bonne santé sur du long terme qu’un animal acheté.

Trois feuilles

SOURCES

  • Crédit photos : Alex Jodoin, Aaron Barnaby, Eddy Lack­mann, Jesse Schoff – merci.

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